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La puissance de s’asseoir en cercle

publié 06/11/2019

Par Howard Druckman

Le mois dernier, j’ai participé à l’édition 2019 de la Manito Ahbee Indigenous Music Conference and Awards à Winnipeg. La première chose qui m’a frappé, c’est le fait que lors de la première journée de conférence, les quelque 50 participants étaient assis en cercle. Ça peut paraître simpliste, mais c’est incroyablement puissant comme idée.

Ça permet de placer le modérateur et les cinq ou six experts invités au même niveau non hiérarchique que les musiciens qui se sont déplacés pour obtenir ces informations utiles. Cinq ou six microphones sont librement passés aux participants qui souhaitent poser une question. Chaque question trouve un ou plusieurs réponses de la part des experts et même des autres participants. Tout le monde et bienvenu, tout le monde peut voir tous les autres participants, tout le monde peut se faire entendre et tout le monde — du débutant à l’expert — peut partager son point de vue.

Lors de la deuxième journée de conférence, le format était légèrement différent : une table ronde et huit chaises où chaque participant a son micro, et cette table est entourée d’un plus grand cercle où sont assis tous les autres participants. Sans sujet prédéterminé, les participants aussi au centre discutent des questions ou stratégies qui leur passent par la tête, et quiconque est assis dans le grand cercle peut aller s’asseoir au centre pour s’exprimer à mesure que les participants au centre retournent s’asseoir dans le grand cercle. Ici aussi, tout le monde a la chance de s’exprimer et l’information circule librement.

Ces deux approches sont les plus efficaces qu’il m’ait été donné de voir afin de favoriser le partage des connaissances en direct dans le cadre d’une conférence. Elles sont pratiquement révolutionnaires, surtout lorsqu’on les compare avec l’approche habituelle de la majorité des conférences musicales.

Presque toutes les autres conférences auxquelles j’ai participé au cours des trente dernières années utilisaient le format où plusieurs experts et un modérateur sont sur scène et discutent devant un auditoire. La période de questions qui suit dure cinq minutes, parfois moins. Puis, les participants dans la salle se précipitent vers la scène dans l’espoir de pouvoir poser une ou deux questions, et à pei trois ou quatre réussiront. Même lors d’entrevues en tête-à-tête, chaque musicien n’a droit qu’à environ 5 minutes avec chaque expert et ils sont les seuls à recevoir ces connaissances qui ne sont pas ainsi partagées avec le plus grand nombre. Tout ça n’est vraiment pas aussi efficace que l’autre approche.

Il y a beaucoup de leçons à tirer de la manière dont fonctionne la communauté musicale des Premières Nations, et j’ai hâte qu’on s’y mette. Commençons donc par nous asseoir en cercle.