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Comment aider les musiciens et les salles de spectacles à aller de l’avant ?

publié 02/14/2017

Par Shawn Wilson, CEO/Chef de la direction, Muzooka

Partout à travers le pays, les petites salles de spectacle en arrachent et le climat pour les scènes locales et à petite échelle au Canada est souvent très exigeant. Difficile pour ces salles d’être suffisamment rentables pour demeurer ouvertes tout en engageant — et en payant — les meilleurs musiciens pour jouer sur leurs scènes. Et il est souvent tout aussi difficile pour les musiciens de trouver des endroits où jouer en raison du nombre en constante diminution de salles. C’est d’autant plus important pour les musiciens, puisque l’importante perte de revenus attribuable à la montée du « streaming » est habituellement remplacée par les spectacles, ce qui signifie que ces derniers sont devenus un élément crucial — d’aucuns diraient le plus crucial — de leur capacité à vivre de leur art. À plus forte raison les artistes qui jouent d’ordinaire sur ces plus petites scènes locales.

Plusieurs croient que sans le soutien et les outils appropriés, nous pourrions bientôt faire face à une véritable crise dont les répercussions se feraient sentir dans les économies, la culture et les communautés locales. Tant les salles que les artistes ont besoin de meilleurs outils — plus rapides, plus simples, plus efficaces et moins dispendieux — afin de pouvoir consacrer plus de temps à leur véritable champ d’expertise, que ce soit créer de la musique ou gérer un établissement, et moins de temps sur des détails qui sont, la plupart du temps, ignorés tandis qu’on se croise les doigts que tout ira bien malgré tout.

Muzooka reconnaît, comprend et cherche à résoudre ces problèmes.

Le cœur de la plateforme numérique Muzooka est la Page de profil de l’artiste qui est le précieux lien entre les musiciens et les salles et festivals, permettant aux uns comme aux autres de se trouver et d’explorer les possibilités de travailler ensemble. La Page de profil d’artiste est une excellente façon pour les membres de la SOCAN de trouver des engagements, tandis que pour les salles et festivals, Autorisés à vous divertir par la SOCAN, c’est une excellente manière de découvrir de nouveaux talents. La Page de profil d’artiste met de l’avant tous les contenus nécessaires pour préparer la liste d’artistes d’un festival ou d’une salle de spectacle, tandis que l’outil de soumission de démo de Muzooka simplifie le processus d’engagement et de programmation. Les artistes, gérants et agents peuvent tous mettre leur information à jour instantanément sur les sites Web de plusieurs salles et festivals. Les artistes peuvent s’assurer que leurs contenus en ligne sont à jour, peu importe où ils ont été partagés ou intégrés.

L’autre outil qui est aussi utile aux artistes qu’aux diffuseurs et le créateur d’affiche numérique. À l’instar d’une affiche physique pour annoncer un concert, ce dernier permet d’annoncer tous les détails d’une prestation à venir. Par contre, ce penchant numérique permet en plus d’inclure des vidéos, des chansons ainsi que des liens vers les comptes de réseaux sociaux des artistes afin que les salles, les festivals, les autres artistes et les fans puissent partager cette affiche virtuelle rapidement et en toute simplicité.

Les affiches de spectacle virtuelles de Muzooka sont automatiquement ajoutées à la page Facebook d’une salle de spectacle. Les acheteurs potentiels de billets peuvent écouter les chansons et visionner les vidéos afin d’avoir un avant-goût du spectacle à venir. Les fans peuvent inviter leurs amis à écouter et voir leur artiste préféré et, ce qui compte avant tout, acheter des billets pour son spectacle. Un simple clic permet de créer une carte Twitter riche en médias à partir de l’affiche Muzooka tout en balisant les artistes et la salle. Ainsi, à l’intérieur même de Twitter, les fans ont la possibilité d’écouter les chansons vedettes de l’affiche, d’en apprendre plus sur l’événement et d’acheter des billets. Muzooka envoie également à l’artiste un courriel contenant une vidéo prête pour Instagram d’une durée de 15 secondes basée sur la vidéo en vedette de l’affiche et un texte en super où se trouvent tous les détails du spectacle ainsi que du texte prêt à copier-coller contenant les bonnes @mentions.

Et tout ça est absolument gratuit pour les musiciens et les diffuseurs.

Dans le cadre d’une autre initiative destinée à venir en aide aux musiciens et aux éditeurs de musique, Muzooka collabore étroitement avec la SOCAN sur des stratégies concernant son portail d’interface de programmation d’applications (API). Les interfaces de programmation d’applications (API) de la SOCAN offrent un potentiel de création de marchés pour des applications innovantes qui pourraient représenter une véritable révolution dans la manière dont les créateurs et éditeurs de musique collaborent avec la SOCAN pour être payés lorsque leur musique est diffusée.

La SOCAN a déjà lancé deux APIs, l’une pour la déclaration d’œuvres et l’autre pour la déclaration de concerts. La première permet aux développeurs de technologies de créer de nouvelles applications qui permettent aux créateurs de déclarer leurs œuvres avec une plus grande précision auprès de leurs éditeurs, maisons de disques, services numériques et de la SOCAN, tandis que la seconde permet aux développeurs de créer des applis qui permettent aux créateurs et éditeurs de musique de déclarer plus facilement leurs concerts à la SOCAN afin d’être payés plus rapidement et avec plus d’exactitude pour leurs prestations sur scène.

La SOCAN est à l’avant-plan de la transformation des droits musicaux, et Muzooka est fière de la soutenir en aidant ses membres et licenciés à être plus efficaces et productifs afin de leur permettre de se concentrer sur ce qu’ils font de mieux : créer et diffuser de la musique.

La diffusion continue exige un nouveau modèle d’affaires

publié 11/5/2014

Par Terry McBride

La diffusion continue est l’avenir de la consommation de musique.

D’après les chiffres de Nielsen de 2013, la diffusion continue de musique a augmenté de 32 pour cent par rapport à l’année précédente à 118,1 milliards de diffusions. Dans l’ensemble, les ventes de musique ont fléchi de 6,3 pour cent à environ 1,5 milliard de pistes, d’albums et de vidéos. Les ventes numériques de musique (les téléchargements) ont également chuté, soit de 6 pour cent, environ au même rythme.

L’Association de l’industrie du disque d’Amérique du Nord (RIAA) a récemment annoncé que les revenus des services de diffusion continue de musique ont surpassé ceux des ventes de CD, et se situent à un cheveu des ventes totales de musique sur support matériel. La RIAA affirme également que la diffusion continue représentait désormais 27 pour cent des revenus de l’industrie du disque dans la première moitié de 2014, contre 20 pour cent l’année précédente.

Environ 35 pour cent des revenus de ma maison de disques, Nettwerk Records, proviennent déjà de la diffusion continue, et cette proportion ne fera qu’augmenter dans les années à venir.

Lorsque la musique est diffusée en ligne, les auteurs-compositeurs en Amérique du Nord sont actuellement en grande majorité sous-payés pour la musique qu’ils créent, des fractions de millième de cent pour chaque diffusion continue (bien que, comme  le chef de la direction de la SOCAN Eric Baptiste l’a souligné dans le dernier blogue de la SOCAN, il y ait des raisons à cela). Il en va généralement de même pour les interprètes et les petites maisons de disques dont la musique est diffusée en ligne. C’est pourquoi la diffusion continue ne compense pas le déclin des ventes matérielles et des téléchargements en Amérique du Nord.

La solution à ce problème pour les compagnies de disques est de demander un pourcentage des revenus gagnés par les entreprises de diffusion continue au lieu d’un pourcentage « par écoute » (ou dans ce cas, « par diffusion »). La solution doit également créer des accords équitables entre les étiquettes et leurs artistes leur assurant d’être correctement rémunérés après de telles négociations.

Il y a une bonne part de résistance générationnelle à cette idée. Les générations passées croient fermement que les taux de rémunération sur les enregistrements doivent être établis par un organisme de réglementation gouvernemental. Mais dans le monde en ligne, où les frontières ont de moins en moins de signification, où une chanson peut être diffusée à une seule personne au lieu de l’être à des centaines de milliers comme à la radio, et où les revenus des entreprises de diffusion continue sont écrasés par de nombreux autres beaucoup plus importants comme ceux des médias traditionnels comme la télévision et la radio, le seul moyen concret d’avancer est d’abandonner la réglementation fondée sur les fractions de cent et de négocier des accords de pourcentage directement avec les sociétés de diffusion continue. En plus du paiement pour accéder à leur musique, les grandes étiquettes de disques tirent déjà des revenus des entreprises de diffusion continue de musique.

Cette approche peut fonctionner. En fait, elle le fait déjà. Les pays nordiques européens constatent une croissance de la diffusion continue de musique, et leurs artistes y trouvent une part importante de leur gagne-pain. L’industrie norvégienne du disque constate que les revenus de la diffusion continue étaient en hausse de 66 pour cent dans la première moitié de 2013. Les revenus de la diffusion continue représentent les deux tiers des revenus totaux de la musique en Norvège. Il en va de même en Suède, en Finlande et au Danemark. L’industrie musicale de la Suède a repris un taux de croissance dans les deux chiffres, même si environ 90 pour cent de la musique consommée dans ce pays provient de la diffusion continue.

En comparaison, si le principe de la fraction de cent ne disparaît pas un jour ou l’autre, l’industrie du disque nord-américaine continuera de reculer chaque année à un rythme de cinq à six pour cent. En fait, l’une des raisons qui ont permis à Nettwerk de prospérer face à ce déclin continu est que 90 pour cent de ses recettes proviennent de l’extérieur du Canada.

Les signes sont là. Il faut abandonner les vieilles façons de faire. L’industrie du disque doit avancer, et rapidement en plus, pour s’adapter à la nouvelle réalité de la diffusion continue de musique.

Les points de vue exprimés dans cet article et les autres commentaires qui figurent dans ce blogue ne sont pas nécessairement ceux de la SOCAN.